Sérendipité, explorations

Le hasard, l’inattendu, l’étonnant, sont autant d’éléments déclencheurs de découvertes insoupçonnées. Sérendipité, explorations s’intéresse à ces moments où la surprise déclenche la créativité, l’innovation et montre qu’il est, de ce fait, nécessaire de laisser advenir la découverte pour chercher au delà des frontières de sa discipline. Pour saisir les enjeux de la sérendipité, j’ai rassemblé un large éventail de références littéraires, scientifiques, artistiques, qui ont guidé ma recherche et dont je rends compte dans ce texte. La méthode de recherche mise en place pour ce mémoire, tente d’éviter les réponses figées et conclusives, mais plutôt d’adopter une attitude critique envisagée ici comme un mouvement plutôt qu’une réponse finie. L’interrogation initiale m’a encouragée à quitter les formes attendues de la recherche méthodique et programmée pour observer le phénomène sous l’angles d’autres champs disciplinaires que celui du design graphique. En effet, il peut être rassurant de s’inscrire dans le cadre, dans la discipline, de savoir où l’on va, ce que l’on va obtenir, mais la sérendipité n’est pas de ces sujets qui rassurent, qui guident, qui dirigent mais plutôt de ceux qui interrogent sans cesse, qui remettent en question. Alors, les lectures et les références agissent comme un faisceau d’indices pour tenter de définir l’imprévisible. Et c’est là que réside toute la beauté de ce phénomène. L’imprévisible est impalpable, on aura beau l’analyser, le détailler, l’éclairer, jamais on ne pourra prédire le moment où survient le hasard. Il est évident que les mots que vous lisez actuellement n’ont pas été écrits en amont, mais « bien des fois l’historien, le critique, le philosophe même n’accède à leur pleine conscience de leur méthode qu’en retournant vers la trace de leur cheminement ».1 Loin de moi l’idée de me présenter comme un philosophe, je tente plutôt de rendre compte de la pensée rhizomatique que j’ai adoptée lors de mes recherches.

Nombres de lectures semblent être d’accord sur les origines du mot sérendipité, à commencer par la définition et le nom de l’inventeur du mot, Horace Walpole. Il la définit comme la faculté de « découvrir par hasard et sagacité, de choses que l’on ne cherche pas ».2 Dès lors que l’on cherche une définition du mot sur internet, une multitude de définition résumées apparaissent : « le don de faire des trouvailles », « la chance de trouver par hasard », « l’art de trouver sans chercher ». Ces définitions engendrent une compréhension partielle du mot et limitent ou délaissent même ses enjeux. Cependant, il n’est pas nécessaire de connaître le mot ni le phénomène pour faire des trouvailles, pour vivre l’expérience de la sérendipité. Il a d’ailleurs été largement décrit par des scientifiques bien avant que le mot ne soit inventé. On en trouve également des traces dans des contes, l’idée même de sérendipité naît dans des contes, sans doute transmise oralement à ses débuts puis retranscrite par des poètes, des écrivains, des philosophes, à différentes époques et dans différentes régions du monde. Le phénomène est universel. C’est ce que Sylvie Catellin3 appelle un « motif fictionnel ».4 Son origine provient d’un conte persan : Les Pérégrinations des trois fils du roi de Serendip, premier conte du recueil Hasht Bihist ( les huit paradis ) écrit par le poète Amir Khusrau en 1302. Motif oriental populaire très ancien, il s’est transmis depuis des centaines d’années, traversant les cultures et les peuples, tantôt de manière autonome, tantôt intégré à d’autres fictions. René Basset, linguiste et spécialiste des langues berbère et arabe, en a retrouvé des traces dans des contes africains. Ces contes se sont transmis à travers les âges et le monde et ont inspiré des auteurs comme Voltaire qui aurait emprunté la version de l’historien arabe Tabari ( 839 — 923 ) pour écrire Zadig ou la Destinée en 1747. Par exemple la scène du repas de la légende d’Hamlet, rapportée par le chroniqueur danois Saxi Grammaticus, au XIIIème siècle, présente une ressemblance indéniable avec le second épisode du motif fictionnel. Au fil des siècles ce sont donc des anecdotes sur l’expérience de la sérendipité qui se répandent à travers des textes, avant qu’un mot ne soit inventé pour désigner clairement cet étrange phénomène.

C’est en 1754 que le mot serendipity est écrit pour la première fois. Inspiré par le conte des fils de Serendip, qu’il a lu dans sa jeunesse, Horace Walpole utilise ce terme pour décrire précisément dans une lettre adressée à son ami Horace Mann, la manière dont il a fait une découverte au cours d’une enquête. En cherchant un cadre pour un portrait ( celui de la grande-duchesse Bianca Capello peint par Vasari ) que son ami lui a fait envoyer d’Italie, Horace Walpole découvre, en feuilletant un livre d’armoiries vénitiennes, que la famille de la duchesse possède deux blasons. Sur l’un d’eux est incrusté un emblème des Médicis : une fleur de lys sur une boule bleue. Par déduction et par connaissance de l’histoire florentine, Walpole révèle qu’il y a un lien entre les deux familles. Et pour bien faire comprendre à son correspondant que sa découverte n’a rien d’hasardeuse, mais plutôt qu’elle est faite par sagacité, il écrit serendipity et en donne la première définition.

    « This discovery, indeed, is almost of that kind which I call Serendipity, a very expressive word, which, as I have nothing better to tell you, I shall endeavour to explain to you : you will understand it better by the derivation than by the definition. I once read a silly fairy tale, called The Three Princes of Serendip as their Highnesses travelled, they were always making discoveries, by accidents and sagacity, of things which they were not in quest of  : for instance, one of them discovered that a mule blind of the right eye had travelled the same road lately, because the grass was eaten only on the left side, where it was worse than on the right — now do you understand Serendipity ? »5

Le conte duquel s’inspire Horace Walpole relate l’histoire de trois jeunes princes, les fils de Giafer, roi-philosophe de l’île de Serendip.6 Pour donner la meilleure éducation possible à ses fils, le roi les a confié aux hommes les plus sages du royaume et les envoie voyager, découvrir le monde pour « les rendre encore plus accomplis ». Selon d’autres versions, les princes quittent le royaume car il refusent de succéder à leur père. Empruntant de faux noms, les trois frères arrivent sur les terres de l’empereur Behram. En chemin, ils rencontrent un chamelier qui a perdu un de ses chameaux et leur demande s’ils ne l’auraient pas vu par hasard. Les trois princes qui avaient remarqué sur le chemin les traces de pas d’un chameau, confirment et pour cela ils commencent une description très précise des caractéristiques dudit chameau. L’aîné demande si le chameau n’est pas borgne, le second s’il ne lui manque pas une dent et le cadet s’il n’est pas boiteux. Le chamelier confirme et part à la recherche de son chameau, en vain. Ne le trouvant pas il est persuadé que les princes l’ont volé et retrouve les princes. Ceux-ci apportent de nouvelles précisions : le chameau porte d’un côté du beurre et de l’autre du miel et la femme qui monte le chameau est enceinte. Les princes sont mis en prison. Plus tard le chameau est retrouvé, on leur demande donc d’expliquer comment ils ont pu « donner des indices si justes d’un animal qu’ils n’avaient pas vu ». Ils expliquent que selon eux le chameau est borgne d’un oeil car ils se sont aperçus que l’herbe n’était rongée que d’un seul coté du chemin, alors qu’elle était vraisemblablement meilleure de l’autre côté, qu’il lui manquait une dent parce que sur la route se trouvaient des bouchées d’herbe à demi mâchées, de la largeur d’une dent de chameau, qu’il était boiteux parce que certaines traces de pied laissées étaient plus enfoncées dans la terre. Pour le beurre et le miel ils ont remarqué que les fourmis, qui aiment le gras étaient alignées sur la partie droite de la route et sur la partie gauche, se trouvaient des mouches, qui aiment le miel. Enfin ils ont observé une trace d’un soulier de femme où le chameau s’était agenouillé pour le laisser descendre, d’après les marques de mains imprimées sur la terre ils ont fait l’hypothèse qu’elle avait du s’appuyer pour se relever, et que par conséquent elle devait être enceinte. Ainsi ils démontrent que c’est par l’observation d’indices et par un raisonnement logique qu’ils ont pu décrire le chameau de façon très précise. Ils feront preuve une nouvelle fois de leurs capacités dans d’autres chapitres. Mais ce passage est sans doute le plus connu et utilisé dans de nombreux contes. En se basant sur ce conte, la découverte par sérendipité s’agirait d’une découverte basée sur l’observation d’indices mis à disposition des protagonistes qui en faisant les bonnes déductions, parviendraient à une conclusion.

On note une certaine similitude entre la manière dont Walpole a procédé lors de sa recherche et la méthode adoptée par les princes. Ils ont tous dans leur situation respective, observés des faits, récoltés des indices pour arriver à leur déduction et conclusion. Sans oublier les connaissances qu’ils possédaient et sans lesquelles ils n’auraient pu faire ladite déduction. On remarque donc bien que la sérendipité n’est pas simplement due à la chance ou au hasard, mais bien à la réunion d’éléments tels que l’observation d’un fait surprenant, inattendu, les connaissances, la sagacité mais aussi une part subjective telle que l’expérience personnelle, une intuition, de l’imagination et de l’interprétation. Walpole est sensible au rôle que joue l’imagination dans l’invention et défend cette idée dans sa définition et sa lettre. Voltaire, lui, rationalise davantage le processus de découverte, il parle de « profond et subtil discernement ». Et c’est à travers le conte philosophique Zadig ou la Destinée que l’idée de la sérendipité va circuler et imprégner toute science qui pratique l’interprétation des traces comme indices. L’idée va se déplacer de la littérature vers les sciences : la paléontologie, la médecine, la sémiotique, la psychanalyse. Thomas Huxley Grand vulgarisateur du darwinisme va se référer à la méthode de Zadig pour expliquer les fondements de la paléontologie.7 La sérendipité tient donc une place importante dans la recherche scientifique. Encore aujourd’hui elle est au cœur de discussions, lors de colloques qui défendent, via à la sérendipité, la liberté des chercheurs face à des programmes de recherches planifiés en fonction d’objectifs prédéfinis qui nuisent à la créativité; car le hasard n’est pas programmable. Sylvie Catellin soutient l’idée qu’il faudrait inclure dans les contrats de recherche scientifique, une clause de sérendipité. Elle permettrait aux chercheurs qui, au cours de leur recherche, découvrent une nouvelle hypothèse pertinente, de chercher dans cette nouvelle direction. Pek Van Andel, chercheur en sciences médicales à l’université de Groningue ( Pays-Bas ), nous apprend que dans son pays, les chercheurs dispose de leur vendredi pour méditer et se livrer aux délices de la sérendipité.8 Un moment qui favorise grâce à un environnement, des espaces de liberté. C’est ce qu’appelle Robert Merton, sociologue et grand passeur du mot sérendipité, des micro-environnements socio-cognitifs, des espaces ouverts à l’altérité, des espaces à idées, à projets, qui stimulent le questionnement personnel, les recherches exploratoires et favorisent le dialogue ou les échanges entre professionnels ayant des visions et des méthodes de travail souvent éloignées. En effet, le partage de connaissances, la mise en commun des savoirs de différents domaines, multiplient les découvertes et les inventions. Sylvie Catellin et Laurent Loty expliquent que la discipline est nécessaire à la transmission de savoirs mais qu’elle peut être néfaste à l’invention. L’indisciplinarité est définie ici comme la pratique qui consiste à élaborer une recherche à partir d’un questionnement personnel, d’un étonnement, en s’écartant au besoin de sa discipline en utilisant et croisant librement les savoirs disciplinarisés selon les besoins, en suscitant des connexions entre différents domaines de savoir. Ces espaces de partage associés à une liberté dans la recherche favoriseraient selon les chercheurs, les innovations scientifiques, techniques, artistiques etc.9

La sérendipité n’apparaît pas seulement dans la recherche scientifique, elle peut également surgir dans des situations plus triviales. L’histoire de la tarte Tatin est un exemple typique de sérendipité dont l’authenticité demeure douteuse, mais elle fait partie d’un fond de légendes et de récits, parmi les plus connus illustrant parfaitement qu’une erreur, une étourderie ou une maladresse peut donner lieu à une merveilleuse invention. À la fin du XIXème siècle, deux sœurs Caroline et Stéphanie Tatin, filles de Jean Tatin, pâtissier-boulanger à Romorantin, travaillent dans leur restaurant à Lamotte Beuvron. Dans l’une des version, Stéphanie pressée par le coup de feu de midi aurait laissé bruler une tarte. Pressée par le temps, elle enlève les pommes caramélisées, les remet dans un moule, ajoute de la pâte par-dessus et enfourne le tout. La cuisson terminée, elle sert cette tarte à l’endroit. Dans une autre version l’une des soeurs a préparé sa tarte aux pommes en oubliant la pâte. S’apercevant de son oubli un peu tard, les pommes ayant déjà commencées à cuire, elle remet de la pâte par dessus et enfourne la nouvelle tarte. Dans une autre version encore, la tarte est enfournée à l’envers. La découverte du Velcro est un parfait exemple d’une observation surprenante, qui, après étude, amène à une découverte révolutionnaire. Dans les années 1940, un ingénieur suisse George de Mestral, revient d’une promenade dans les bois avec son chien. Il doit comme à à l’accoutumée retirer les boules de bardane accrochées dans les poils de son chien et sur son pantalon. Intrigué, il les observe au microscope et s’aperçoit que les petites boules sont en réalité des graines munies de petits crochets. Il s’inspira de cette particularité naturelle des graines de bardane pour développer un système d’attache similaire en faisant adhérer deux surfaces : l’une avec des boules de fils et l’autre avec petits crochets. Ces deux surfaces appliquées l’une à l’autre se solidarisent et permettent de fixer ensemble deux éléments distincts. George de Mestral finira d’aboutir son idée avec l’aide d’un fabricant textile lyonnais et la breveta en 1952 sous le nom « Velcro » composé de « velours » et « crochet ».

Les découvertes, même fortuites, ne se réalisent pas facilement et ne sont pas à la portée de tous. Louis Pasteur a souvent décrit le phénomène de sérendipité lors de ses recherches et a affirmé lors d’une conférence en 1854 sur la découverte de l’électro-magnétisme : « dans les champs de l’observation le hasard ne favorise que les esprits préparés. » Au cours d’une recherche si se présente la découverte, par hasard, c’est parce que notre esprit était préparé et que nous possédons un certain nombre de connaissances acquises préalablement. Dans un autre domaine, et à propos des débuts cachés du cinéma, Gilles Deleuze explique que « l’essence d’une chose n’apparaît jamais au début, mais au milieu, dans le courant de son développement, quand ses forces se sont affermies. »10 Cependant être capable de se laisser surprendre implique la remise en question des acquis et des présupposés théoriques. La curiosité est donc intrinsèquement liée à la découverte sérendipienne : il est nécessaire d’avoir des connaissances pour être capable d’analyser le fait surprenant observé afin de formuler des hypothèses nouvelles, jusque là inconnues. C’est une des idées remarquables développées par Charles Sanders Peirce un sémiologique et philosophe américain. En 1903, il nomme le pragmatisme « la logique de l’abduction » et en fait la démonstration suivante : « Le fait surprenant C est observé ; Mais si A était vrai, C irait de soi. Partant, il y a des raisons de soupçonner que A est vrai. » L’abduction consiste, d’après Pierce, à partir d’un fait singulier ou surprenant, à déduire une proposition qui constitue l’hypothèse la plus plausible permettant d’expliquer ce fait. Il y a donc dans la sérendipité une part de raison ( la sagacité, les connaissances préalables qui guident l’interprétation ou l’intuition ) et une part d’imagination ( le hasard, l’inattendu ). La sérendipité est un processus qui implique un dialogue entre imagination et la raison, entre ce que l’on sait et l’inattendu qui surprend, intrigue, qui détonne. La sérendipité est véritablement déclencheur de découverte en ouvrant la voie à de nouvelles idées, hors des savoirs, des présupposés théoriques.

Nous avons vu que la sérendipité se répand par le biais de la littérature, à travers des contes, des lettres, des contes philosophiques, mais elle joue également un rôle primordial dans les cercles scientifiques. C’est d’ailleurs grâce à une découverte scientifique faite par sérendipité que le terme est révélé au grand public dans un média : Le New York Times, qui en 1949 le fera apparaitre à sa Une, suite à la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming. Cet article a notamment permis à cette époque de défendre la liberté des chercheurs. La pénicilline a été découverte en 1928 par Alexander Fleming, biologiste britannique. En 1928 dans son laboratoire il fait pousser des cultures de staphylocoque dans des boîtes de pétri. Depuis longtemps, il cherchait un antibiotique. Il avait travaillé comme médecin pendant la Grande Guerre, où il ne disposait d’aucun médicament contre les infections mortelles des soldats blessés. À un retour de vacances, il découvre que ses boites sont contaminées par des moisissures. Son voisin de paillasse Charles Latouche travaille sur un champignon responsables d’allergies le Penicillium notatum et les boites de pétri ont mal été désinfectées, Fleming remarque qu’aucune souche de staphylocoque n’a poussé a proximité des souches de penicillium. Le biologiste émet alors l’hypothèse que ce champignon produit une substance répulsive ou bactéricide qu’il nomme pénicilline. Et c’est parce qu’il cherchait des substances permettant de tuer in vivo des bactéries qu’il est intrigué par cet accident et qu’il va formuler une hypothèse nouvelle, l’amenant à découvrir la pénicilline. « Il est certainement arrivé que d’autre bactériologistes remarquent des changements comme ceux que je viens de décrire, mais en l’absence d’intérêt pour des substances antibactériennes naturellement présentes, ils ont simplement préféré jeter les cultures… Mais dans la situation en question, ma chance est d’avoir toujours été à l’affût de nouvelles substances bactériostatiques, car lorsque je remarquai que, sur une certaine culture, les colonies de staphylocoques étaient devenues moins visibles, je fus assez intéressé par cette substance antibactérienne produite par une moisissure pour continuer à creuser le sujet. » Après plusieurs années d’expériences la découverte accidentelle s’est transformée en médicament grâce aux travaux d’Ernest Chain et Howard Florey, qui obtinrent avec Fleming le prix Nobel en 1945. Au moment de recevoir son prix, Fleming déclara : « Dans ma première publication, j’aurais pu dire que j’étais arrivé à ma conclusion de façon méthodique, que je supposais qu’il y avait des substances antibactériennes produites par les moisissures et que j’avais commencé à étudier le problème. Cela aurait été faux, et je préfère dire la vérité : que la pénicilline était née d’une observation accidentelle. Mon seul mérite est que je ne négligeais pas l’observation et que j’abordais le sujet comme un bactériologiste. »

C’est quelques années plus tard, en 1952, que le mot sérendipité ( sous sa forme française ) apparaît. Il est rendu visible dans un article sur la découverte scientifique, écrit par Charles Darwin ( physicien, petit-fils du théoricien de l’évolution ) et traduit par un chercheur de l’institut Poincaré, Bernard Kwal, qui a francisé le mot. Mais ce n’est qu’en 2011 que le mot sérendipité apparaît pour la première fois dans un dictionnaire de la langue française courante, dans le Robert illustré 2011 sous la définition : « Capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité ( scientifique, pratique ) » et dans le Petit Larousse illustré 2012 : « Capacité, art de faire une découverte, scientifique notamment, par hasard ; la découverte ainsi faite ». Déclaré mot de l’année 2009 en sciences humaines, c’est aujourd’hui un mot courant, rendu public notamment grâce à internet. En effet la recherche sur internet évoque la sérendipité dans le sens où elle permettait à l’utilisateur, qui, errant de lien en lien, de découvrir une chose inconnue, quelque chose qu’il ne cherchait pas. Une forme de sérendipité peut apparaître sur internet, par exemple si notre recherche n’est pas assez précise et que l’on tombe sur un mot, un phénomène que l’on ne soupçonnait même par, ou par erreur lorsque des sites sont mal indexés, ou parfois lorsque lors d’une recherche, un lien nous amène à un tout autre sujet, un peu à la manière d’une recherche dans le dictionnaire où un mot nous fait chercher un mot etc. Cependant, la découverte sérendipienne a des limites sur internet, car les moteurs de recherche se perfectionnent au contact de l’utilisateur. Ils gardent en mémoire ( historique de navigation ) nos recherches, les mots, les sujets mais également la syntaxe, notre méthode de recherche pour nous proposer un contenu adapté, ciblé, ce qui restreint la possibilité d’être surpris et donc de faire des découvertes inédites sur internet. De plus, les algorithmes sur lesquels sont construits les réseaux sociaux utilisent ce même principe pour nous proposer du contenu toujours plus proche du contenu que nous avons l’habitude de consommer, où le random ( aléatoire en langage html) est un hasard programmé.

Nous avons vu que la sérendipité se produisait au cours d’une recherche et par association de plusieurs éléments. De nombreuses découvertes, scientifiques mais également artistique, techniques ont pu se faire par sérendipité grâce à un élément déclencheur : le hasard, un accident, la surprise, une contrainte, une observation, une erreur qui provoquent une réflexion conduisant par la suite à une découverte inédite.

J’ai moi-même fait l’expérience de la sérendipité au cours d’une recherche pour un projet artistique. Je m’interrogeais sur notre propension à imaginer sur les réseaux sociaux, si nous étions encore libre d’imaginer11 si une forme de poésie était encore possible face à cette abondance d’images sur nos écrans, dans la rue etc. Je me suis intéressée au réseau social Instagram, basé sur la diffusion d’images, sans pour autant vouloir en faire une critique mais pour en montrer autre chose, le détourner, le parasiter. Je voulais en monter une part surprenante, sortant de l’ordinaire, anecdotique, une part hors de la réalité, ancrée dans le domaine de la fiction. Et le projet a commencé par un accident, un dysfonctionnement. Pendant quelques jours je n’ai plus eu de téléphone, je consultais donc Instagram sur mon ordinateur. Pas optimisée pour ces derniers, l’application ne fonctionnait pas correctement et les images mettant un certain temps à charger et n’apparaissaient pas immédiatement. Un temps d’attente était nécessaire, un temps d’attente. Un moment suspendu qui permettait alors une divagation, une rêverie. Les images étaient floues, colorées, imperceptibles. Parfois, on devinait un corps, un objet dont la forme ou la couleur reconnaissable nous permettait de le deviner. Et parfois non. Alors la perception de la réalité était modifiée et laissait place à l’imaginaire. Ce dysfonctionnement engendrait une nouvelle image à partir d’éléments postés par d’autres. Ce temps d’attente devenait donc mentalement productif. Habituellement apathique face à ces photos qui défilaient, j’étais maintenant face à des images que je devais me fabriquer. Ce dysfonctionnement m’a permis de découvrir une nouvelle façon de créer des images à partir de celles qui m’étaient données à voir.

Dans le champs de l’art de nombreux artistes ont travaillé sur l’action du hasard dans leur processus créatif, à différentes étapes. Je me suis intéressée à la manière dont les artistes ont su tirer parti d’erreur, d’accident ou d’inattendu dans leur processus de création soit en le provoquant soit en injectant une part incontrôlée dans leur travail. Xavier Antin pour son exposition News from Nowhere lors de sa résidence à la MABA induit de nouvelles possibilité d’utilisation de son outil de production qui surprennent tant dans le résultat obtenu que dans l’usage initial des machines. Dans un premier temps il filme les fleurs qui fleurissent le parc de la MABA, hommage à Wiliam Morris, puis pour en imprimer des pans de papier peints. Il a ensuite projeté ces films, ces images en mouvement sur un scanner. Scanner un élément en mouvement créer des variations, des déplacements, on passe d’un objet en mouvement à un image fixe, qui arrête le mouvement et le temps. Aux mouvements de la vidéo, s’ajoute celui du scanner qui balaye l’écran d’avant en arrière. Cette expérience comprend des paramètres variables qu’il est impossible de prévoir, on ne peut en envisager la résultante. Xavier Antin ne peut qu’imaginer mentalement ce qu’il va obtenir. Dans ce sens il provoque l’accident dans le but de découvrir, de créer des images nouvelles, inattendues, surprenantes, poétiques.

Un autre cas d’image accidentelle a été recensé par l’astronome Camille Flammarion dans son essai Les Caprices de la foudre. Ce sont des images produites par la foudre. Passant à travers les vêtements, la foudre tatoue sur le corps d’humains ou d’animaux, des objets disposé à proximité d’eux : les initiales « DD » fixées en lettre métalliques sur sa bourse, un éclair déchire le pantalon et les chaussures d’un journalier surpris par un orage sur un terrain découvert, laissant sur la peau de l’homme « l’image d’un pin ». Les témoignages sont nombreux. Cette forme de photographie rappelle les recherches d’Emmanuel Napoléon Santini, rédacteur de la revue de vulgarisation scientifique Sciences en famille, à propos des propriétés et caractéristiques d’une forme de photographie qui n’était pas produite pas les lumière naturelle mais par d’autres rayonnements physiques : les rayonnements cathodiques ou encore les rayons X, découverts en 1895, autrement appelés rayons de Röntgen ou rayons Röntgen, du nom de leur découvreur. Découverte d’ailleurs faite par sérendipité. Le physicien allemand Wilhelm-Conrad Röntgen s’intéresse depuis longtemps aux rayons cathodiques12 émis par les tubes à vide. En novembre 1895, Röntgen observe le passage du courant dans un tube de Crookes, qu’il a entouré de carton noir. Il cherche à observer les rayons cathodiques et aucune lumière ne devrait passer. Toutefois, il remarque une fluorescence très nette sur un écran en platina-cyanure de baryum, posé sur sa table d’expériences. Surpris par ce phénomène Röntgen entreprend aussitôt de nouvelles expériences qui lui permettront de conclure que cette fluorescence ne vient pas du soleil, mais est causée par des rayons mystérieux, inconnus qui ont traversé le carton noir et proviennent du tube. Il a découvert un nouveau rayonnement qui traverse la matière. Pendant plusieurs semaines, il explore les caractéristiques de ces rayons et s’aperçoit que ces rayons rendent conducteurs les gaz, qu’ils traversent, déchargent les corps électrisés, ne sont pas déviés par les champs magnétiques et semblent se propager en ligne droite comme la lumière… Incapable, à ce moment, d’en préciser la nature, il les nomme : Rayons X. Röntgen observe également que ces rayons traversent sa main et en décembre 1895 il fait la première radio de la main de son épouse en l’éclairant pendant vingt minutes. La différence de transparence entre les os et la chair lui permet d’obtenir une image du squelette et des contours de la chair, sur une plaque photographique. Face à un phénomène imprévu le physicien a formulé une hypothèse, qui, à la suite d’expériences s’est révélée être une découverte cruciale qui lui vaudra l’un des premiers prix Nobel décerné en 1901. Santini dans son ouvrage La Photographie à travers les corps opaques par les rayons électriques, cathodiques et de Röntgen avec une étude sur les images photofulgurales résume leur faculté à générer des images qu’il décrit comme « une photographie à travers les corps opaques. » Face à ces nombreuses manifestations photographiques, qui ont eu lieu bien avant la première photographie faite par Nicéphore Nièce en 1822, Michel Frizot parle à juste titre de l’« invention de de l’invention » de la photographie : « Comme si, puisqu’il y a « photographie », il devait y avoir quelque part « invention » de ce qui n’existait pas encore auparavant. »13

Ainsi il y aurait un processus photographique avant la photographie à proprement dite, une photographie sans appareil, sans système optique et sans substances photosensibles. Cette photographie existait déjà bien avant que les inventeurs de la technique de la photographie ne s’en soit approprié la paternité et peut-être pouvons-nous supposer qu’ils s’en sont inspiré pour inventer la photographie que nous connaissons aujourd’hui. Peter Geimer parle dans son livre Images par accident, des accidents qui ont permis à la photographie de se perfectionner, face à l’analyse de décolorations involontaires, de la disparition de l’image etc. Comprendre l’origine de ces accidents a permis de découvrir les solutions permettant la pérennité des photographies. Des accidents peuvent également survenir sur d’autres supports tels que les pellicules, ce qui altère totalement le résultat des photographies. En 2006, Walead Besthy, un artiste américain, voyage de Los Angeles dans le but de photographier un bureau diplomatique irakien abandonné et saccagé dans l’ancien Berlin-Est, puis voyage dans le sens inverse pour développer ses photographies. Au cours de son voyage, son film est passé à travers plusieurs appareils radiographies d’aéroports. Après quoi sur les photographies apparaissaient des bandes de couleurs, des taches. Les images obtenues étaient aussi endommagées que le bâtiment qu’elles représentent. Walead Besthy pour sa série Travel Pictures a su tirer parti de cet accident, qui renforce davantage l’idée qu’il voulait transmettre à travers ses photos. Ici ce n’est pas l’accident lui-même qui est important, c’est le regard de l’artiste sur cet accident, sa réaction face à cela et la force de ce travail tient du fait qu’il n’a pas vu cette pellicule et ces photos comme ratées, hors d’usage. Il a intégré l’accident à son processus créatif, l’accident faisant partie de l’œuvre.

Ces explorations démontrent et soulignent que le hasard ou l’inattendu ne sont pas les phénomènes qui font l’intérêt de la sérendipité mais qu’il est plutôt important de décrire le rôle fondamental de la réaction face à la sérendipité et du résultat de celle-ci. L’élément accidentel peut survenir par hasard, mais il n’est rien tant qu’il n’est pas perçu par une subjectivité interprétante. Pour faire l’expérience de la sérendipité, l’observateur, le chercheur, l’inventeur doit décider de prêter attention à cet élément accidentel et d’en tirer des conclusions pertinentes. Pour cela il est nécessaire qu’il sorte de temps à autre des pré-carrés disciplinaires. S’il est une discipline dont les pré-carrés m’effrayent, c’est celle du design graphique et ces explorations m’ont permis d’entrevoir qu’il est parfois possible de travailler hors des acquis préétablis tout en prêtant attention à ces appels d’extériorité.
Cet écrit se présente donc comme une sorte de clause de sérendipité de ma pratique, ouvrant ma conception du domaine par une stimulante invitation à porter attention à tous les parages.

  1. Jean Starobinski, «La relation critique», L'oeil vivant II, Paris, Gallimard, 1970, réedition 2001, p.13
  2. Définition trouvée dans la lettre qu'Horace Walpole a écrite à destination d'Horace Mann en 1754 : Letter 90, to Sir Horace Mann, Arlington Street, Jan. 28, 1754 in The letters of Horace Walpole, Earl Oxford, Volume 2, de Peter Cunningham.
  3. Sylvie Catellin est maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et chercheur au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines.
  4. Extrait du livre Sérendipité, du conte au concept, de Sylvie Catellin.
  5. Extrait de la lettre écrite par Horace Walpole à Horace Mann en 1754 : Letter 90, to Sir Horace Mann, Arlington Street, Jan. 28, 1754 in The letters of Horace Walpole, Earl Oxford, Volume 2.
  6. Le mot vient de l'arabe Sarandib, déformation du tamoul Seren deevu, qui vient lui-même du sanscrit Suvarnadweepa signifiant « île dorée ».

    L'île de Sérendip est l'éctuel Sri Lanka.

  7. Agora des Savoirs - Sylvie Catellin - La sérendipité ou l’art de la découverte.
  8. Pek van Andel et Dominique Bourcier, De la sérendipité. Leçons de l’inattendu, L’Act mem, 2008.
  9. Sérendipité et indisciplinarité, Sylvie Catellin et Laurent Loty, Hermès, la Revue 2013/3 (p.32/40).
  10. Gilles Deleuze, L’image-Mouvement. CINEMA 1, Paris, Minuit, 1983, p.11
  11. Imaginer qqn/qqc. : concevoir l’image d’un être ou d’une chose. Définition CNRTL.
  12. les rayons cathodiques sont des rayons propagés en ligne droite, expliqués pour la première fois en 1869 par le physicien Johann-Wilhelm Hittorf.
  13. Michel Frizot « l’invention de l’invention » in Jean-Pierre Bady Les multiples inventions de la photographie, actes de colloques, Paris, direction du patrimoine, ministère de la culture, de la communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire, 1989, p.103-108 : 103.
Appendices
Bibliographie

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WALPOLE Horace, The letters of Horace Walpole, Earl Oxford, Volume 2, États-Unis, Project gutenberg, 2006.

Appendices
Remerciements

J’adresse mes remerciements à Christophe Jacquet, Pierre Vanni et Frédéric Wecker pour le suivi de mémoire. Je tiens à remercier Jean-Philippe Bretin, Jehanne Dautrey et Benoît Verjat pour leurs conseils et encouragements et tout particulièrement Léonor Nuridsany pour son soutien dans le long voyage sinueux de l’écriture. Je profite de ce mémoire pour remercier Thierry Chancogne et Florence Aknin, deux professeurs de Nevers, pour leur enseignement et les enrichissants articles, que je consulte et consulterai encore. Merci également à Valentin Garcia pour ses références envoyées au milieu de la nuit, à mes camarades de Dnsep et amis. Merci à Quentin Gaudry pour sa présence et son soutien indéfectibles.

Appendices
Colophon
Mémoire écrit dans le cadre du Dnsep Communication 2018-2020
École Nationale Supérieure d'Art et de Design de Nancy (ENSAD Nancy).
Caractères typographiques : Times (Stanley Morison, Monotype) et Spacemono (Benjamin Critton, Colophon Foundry)
Image tirée du projet Please Wait, Maya Cunat, 2017. Maquette du poème «Un coup de dés jamais n'abolira le Hasard», intitulé dans cette ébauche «Jamais un coup de Dés n'abolira le Hasard», Stéphane Mallarmé datant de 1897. Planches 5a et 5b extraits de l'ouvrage Théorie de la signification de Jakob Von Uexküll. Erwin Blumenfeld, Film experiments. Abeilles du codex de Madrid, p.108. Agnes Geoffray, Pliures VII. Christie Morgan. Blason des médicis vers 1475—1500. Azuma Makoto, Exbiotanica 2, botanic space flight, 2017. CNAPn, site web réalisé par Pierre Giner pour le Centre National des Arts Plastiques, 2011. Dialogue entre les abeilles et les fleurs. Étude oubliée en septembre 2019 mettant en avant une symbiose entre des abeilles à miel et l'onagre végétale (fleur). Extrait de l'émission Dialogues entre les abeilles et les fleurs, présentée par Jean-Claude Ameisen. Des images comme des oiseaux, vue de la collection photographique du Centre national des arts plastiques, Friche La Belle de Mai, Marseille, 2013. La fleur polychrome (Le tournesol), 1952, Fernand Léger, ciment et plâtre peints, extrait du catalogue Collection art moderne, La collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, 2007. Herbet Bayer, dessin de l'exposition internationale des arts décoratifs de 1930 pour la section allemande, prése tée au Grand Palais, Archives du Bauhaus, 1982. Kate Scott Studio. Léa, photo prise de l'exposition In real life, Olafur Eliasson, Londres, Novembre 2019. Marco Balestaeros. Hasard, subst. masc. À l'étymon. ar. az-zahr, on peut objecter que le sens de «dé à jouer» non attesté en ar. class., est «relativement moderne» (LAMMENS; v. aussi DEVIC KLEIN Étymol. et LOK n°2186) aussi propose-t-il de partir du sens de l'ar. class. zahr «fleur» car une fleur été représentée sur l'une des faces du dé. Margaret Jeane, artiste. Romain Tardy. Mathieu Mercier, Pantone 71,3M-15M, Galerie Thaddaeus Ropac, 2012. Vue de l'exposition Les Roses de Jéricho présentée à l'espace d'art contemporain Attitudes, Genève, 2017. Collection, mémoire de Pierre Pautler, présenté en 2013, pour lequel il adopte une méthode proche de la sérendipité en développant une édition pour chaque sujet, lequel découle du sujet précédent, par digression, par connexion logique, par découverte et sagacité. Reconstructive memory, exposition collective avec Michael Assiff, Gina Beavers, Nicolas Deshayes, Travess Smalley, Philipp Timischl, Hayley Tompkins, 2016, Galerie Valentin, Paris. Rétine, roman de Théo Casciani, 2019, P.O.L éditions. Les rayons cérauniques dans Les caprices de la foudre, Camille Flammarion, 1905, p.251. Séraphine de Senlis, Dahlias, huile sur bois, vers 1915, Musée Unterlinden, Colmar. The algorithmic beauty of plants, The virtual laboratory, Przemyslaw Prusinkiewcz et Astrid Lindenmayer. Projet Cartes Mémoires - Mémoire Vive par le collectif ExposerPublier Travels Picutres, de Walead Beshty, photos vues à la Tate Moder, Londres en Novembre 2019. Cette série présente des photos argentiques dont les films ont été endommagés par les rayons X des portiques de sécurité des aéroports. The algorithmic beauty of plants, The virtual laboratory, Przemyslaw Prusinkiewcz et Astrid Lindenmayer. Couverture du Whole earth Catalog de 1969.